Audit sur la CENI : 153 millions de dépenses non justifiées

Alors que le processus électoral vient de démarrer, la Cour des Comptes s’apprête à rejeter les pièces fournies par la CENI pour tenter de justifier l’utilisation des 153 millions supposés avoir été détournés durant les élections de 2015. Non seulement les justificatifs ont été versés tardivement, mais surtout qu’ils posent un sérieux doute quant à leur fiabilité.

Certainement, une mauvaise gestion financière entraine automatiquement une mauvaise gestion électorale. Et bien, le gouvernement doit immédiatement tirer les conséquences de l’audit de la Cour des Compte qui accable la CENI de mauvaise gestion en ce qui concerne les fonds des élections de 2015. Sommée de justifier l’utilisation de 153 millions, la CENI a tourné en rond pendant un mois sans pouvoir apporter des pièces comptables fiables. Le recrutement dans le service de comptabilité de l’institution de l’un des experts qui ont travaillé sur cet audit pour le compte de la Cour des comptes n’a pu changer la donne.

Le rapport définitif de l’audit devrait rapidement confirmer la mauvaise gestion de la CENI des sommes qui lui ont été allouées pour organiser les élections de 2015. Contactés par nos soins, le président de la CENI et son secrétaire général n’ont pas souhaité faire de commentaires sur cette confirmation attendue.

« Toutes les pièces ont été demandées durant l’audit, mais n’ont pas été communiquées parce qu’elles n’existaient pas. Après le rapport, la CENI avait également un mois pour se justifier », confirme-t-on à la Cour des Compte où on dit avoir reçu à deux reprises les responsables de la CENI. « La première fois, ils étaient venus avec seulement des écrits non comptables, la deuxième avec des pièces mais qui sont loin d’être fiables », insiste notre source qui déduit que le rapport ne va pas être modifié.

Sera-t-il validé par le président de la Cour des Comptes et rendu public avant les prochaines élections ? Rien n’est sûr au regard de l’insularisation tout azimut de la république. Un président de la république mohélien, un président de la Cour des comptes mohélien et un président de la CENI encore mohélien, le risque d’étouffement est beaucoup plus fort, malgré la volonté affichée depuis des mois d’organiser des élections crédibles, libres et transparentes.

Depuis un mois, le ministre de l’Intérieur en charge des élections, qui a reçu une copie du rapport refuse de le transmettre à la commission des Finances de l’assemblée nationale qui la réclame pourtant aux fins de l’examen des lois de Règlement 2014, loi de Finances rectificative 2015 et loi des Finances 2016.

Ahmed Djaza, le président de la CENI
Ahmed Djaza, le président de la CENI

ALI MMADI

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