Housni Mohamed: «Nous avons un bilan riche à mettre en valeur»

Dr Housni Mohamed Abdou Madi, secrétaire général du gouvernorat d’Anjouan, est le porte-parole de la campagne du candidat Anissi Chamsidine, dans l’interview qui suit, il défend le bilan de son candidat et promet un prochain mandat rempli d’espoirs.

Des anjouanais insistent que les problèmes de l’île ne sont pas reglées durant ce mandat. Quelle est votre réaction?

Beaucoup reste effectivement à faire et nombreux sont les problèmes qui demandent à être résolue. Cependant, je suis convaincu que la majorité des Anjouanais, voire des comoriens avertis reconnaissent les efforts que le gouverneur Anissi a déployé pour mettre Ndzuwani sur la voie du changement, vers le développement dans plusieurs domaines prioritaires tels que la paix, la stabilité maintenue dans l’Ile, l’éducation, la communalisation, la gouvernance administrative locale ou encore la promotion du genre.

Entre nous, vous conviendrez avec moi qu’en 5 ans, personne, ni aucune équipe d’ailleurs, ne peut prétendre résoudre tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans notre pays. La seule chose dont chacun peut s’efforcer à prétendre pouvoir faire pour notre patrie c’est bien de proposer un « programme socioéconomique et politique ambitieux et réaliste » à la hauteur des défis et enjeux qui sont les nôtres. En ce qui concerne celles et ceux qui ont eu à diriger notre pays à partir de hauts postes de responsabilité publique tels que Président de la République, Gouverneur, Ministre ou encore Commissaire, il leur appartient de nous faire part de leurs bilans et des perspectives qu’ils proposent pour l’avenir de notre cher pays.

Quel bilan faites-vous donc pour le Gouverneur Anissi Chamsidine?

D’abord, il faut noter que plusieurs initiatives de changement dans la gouvernance des affaires publiques ont été prises par le gouverneur à travers l’action gouvernementale insulaire depuis 2011 qu’il est très difficile de résumer le bilan du quinquennat en quelques mots. Le bilan de son premier mandat peut se résumer en deux grands axes : l’Action politique et l’Action économique et sociale.

Sur le plan Politique, l’action gouvernementale s’est bâtie autour de trois grands axes : la consolidation de la paix sociale, le renforcement de la stabilité politique et de la sécurité des biens et des personnes ; la rationalisation des relations entre l’Union et l’Ile ; et enfin la promotion de la bonne gouvernance politique et administrative de l’île.

C’est autour de ces axes que vous trouverez inscrits : le projet de la réconciliation entre les Anjouanais et entre les Comoriens, la reforme de l’administration pour le renforcement de la bonne gouvernance locale à travers l’initiative de recrutement sur concours des nouveaux agents à la FOP (fonction publique), de l’initiative des contrats d’objectifs dans le domaine de l’Education ou encore du principe de l’évaluation de l’action gouvernementale suivant le principe de la gestion basée sur l’obligation des résultats lors des séminaires de l’exécutif de l’Île.

Ces revues annuelles ont été décidées par le gouverneur Anissi pour lui permettre de rendre compte à la population anjouanaise et comorienne d’une manière visible son action gouvernementale.

Sur le plan Economique et Sociale, l’action continue des différentes équipes du Gouverneur Anissi s’est concentrée sur sept grands points stratégiques : (1) Assainissement de l’Administration insulaire ; (2) Promotion acharnée de l’ communalisation ; (3) Promotion de l’Education par des valeurs telles que mérite, égalité de chance et de la performance ; (4) Désenclavement de l’Île en matière de communication ; (5) Accès aux soins médicaux par l’opérationnalisation de plusieurs districts de santé ; (6) Soutien aux agriculteurs et pêcheurs ; et enfin (7) Accès à l’eau potable à travers des plaidoyers pour des projets d’adduction d’eau dans plusieurs zones de l’île à l’instar de la péninsule de Sima.

Autour de ces principaux axes vous retrouverez le projet du lycée d’Excellence avec le financement des billets d’avion des bacheliers ayant obtenu une mention, les caravanes médicales humanitaires à Anjouan, la numérisation de la RTN ; le programme de bourse au profit des médecins souhaitant se spécialiser dans des domaines où Anjouan présente des déficits. Près de 15 médecins ont bénéficié de ce programme ou encore du projet de construction des Hôtels de villes qui a permis la généralisation de ce programme au niveau national avec le soutien des pays partenaires, le Japon et le Sultanat d’Oman.

Certains attaquent votre politique d’Excellence, accusent des passe-droits et une gabegie financière. Que répondez-vous?

A partir du moment où le chef de l’Exécutif de l’île a décidé de mettre en œuvre une politique ou un projet, toutes les dépenses liées à cette action sont justifiées. Pensez-vous réellement que le financement des billets d’avion de près de 150 bacheliers ayant obtenu une mention depuis 2012 ne soit pas justifié? Croyez vous que la prise en charge de l’Internat des élèves du lycée d’Excellence ne soit pas justifiée?

Aujourd’hui, les résultats sont là et sont connus de tous. Le nombre de mentions au BAC au niveau d’Anjouan à plus que doubler lors de ces 3 dernières années, nous sommes passés de 23 mentions en 2012 à 50 mentions en 2015. Le nombre d’admis au 1er groupe au BAC, toute série confondue, a augmenté, nous sommes passé de 19% en 2012 à 43% en 2015. La même tendance croissante s’observe pour le concours d’entrée en 6e et le BEPC durant la même période.

Chacun est libre de s’ériger en analyste en éducation chevronné pour trouver les explications et les origines de cette performance qui n’est sans doute pas le fruit du hasard. En ce qui nous concerne, nous sommes convaincus que ce sont là les résultats du projet du lycée d’Excellence et de la politique de la promotion du mérite et de l’égalité de chance prônée par le gouverneur Anissi depuis 2012.

Vous vous réjouissez d’un bilan positif dans le secteur des mairies, quels sont les résultats dans ce domaine?

Certains compatriotes malintentionnés se constituent souvent en observateurs de circonstance de l’action politique de notre pays pour affirmer dans toutes les places publiques de nos villes et villages qu’ils ne voient rien de réel par les gouvernants en place. Je voudrais vous rappeler que pour voir, et surtout bien voir, il faut commencer par ouvrir les yeux et s’assurer de sa santé visuelle avant de se hasarder à dire qu’il fait noir pendant que des projecteurs l’entourent.

Quels résultats voulez-vous que je vous cite d’autres que les trois mairies construites sur fonds propre de l’Île (Moya, Ongojou et Vouani) et les sept autres en cours de construction ? Quoi d’autre que la création de l’Agence Ndzuwani Gold pour accompagner l’opérationnalisation des administrations communales, ou encore le partenariat avec l’Université des Comores pour la mise en place d’une Licence professionnelle en Management des municipalités?

Pensez-vous que votre programme de réformes de l’administration a donné ses fruits?

Je dirai plutôt que les résultats actuels ne sont pas à la hauteur des ambitions fixées par le gouverneur Anissi. Il faut surtout retenir qu’une reforme administrative, comme d’ailleurs toute reforme, a besoin d’un minimum de temps incompressible pour produire les effets escomptés. Et d’ailleurs, s’agissant du changement des mentalités ou des pratiques des hommes, je préfère citer un proverbe chinois qui dit : « il est plus facile de changer le cours d’une rivière que de changer le comportement d’un homme ».

Dans ce domaine, Anissi peut être fier d’avoir été à l’initiative d’un principe cher à tous les citoyens, le principe de l’égalité de chance dans les opportunités qu’offre l’administration insulaire en termes de recrutement ou de promotion professionnelle. Il a eu le courage, et a osé contre vents et marrées appliquer le principe de la gestion axée sur les résultats débouchant sur le recrutement par concours des nouveaux agents à la FOP, de la fixation d’objectifs dans l’exercice des fonctions des responsables notamment dans l’Education avec les Chefs des établissements publics.

Qu’est ce qui n’a pas été réussi, selon vous durant ce quinquennat ?

Si le candidat Anissi avait estimé avoir tout réussi en cinq ans, je suis sur qu’il n’allait pas demander qu’on lui renouvelle un mandat à la tête de Dar Nadjah pour achever son programme.

Le premier mandat l’a permis de prendre des grandes décisions pour l’orientation politique et socioéconomique pour le développement de l’île. Avec l’ensemble des initiatives engagées, une dynamique de changement a pris forme et certaines pratiques et problèmes ont pris fins.

Au lieu de dire ce qui n’aurait pas réussi, je préfère parler de programmes et projets qui n’ont pas pu être mis en œuvre mais qui sont en cours. Ainsi, je pense en toute franchise que l’on peut dire que le projet de réconciliation entre les Anjouanais mérite d’être mené à terme, et de même que le projet d’hydroélectricité dont nous avons pu financer les études de faisabilité. Il mérite que l’on affecte plus de moyens pour le concrétiser.

En cas de réélection d’Anissi Chamsidine, quelles seraient les priorités de son nouveau mandat ?

Pour le prochain quinquennat, la règle générale sera la consolidation de tous les programmes et projets lancés durant le mandat de 2011-2015 dont je viens de vous partager les principales initiatives.

Sans être exhaustive, seront maintenues les politiques suivantes : prise en charge des billets d’avion des bacheliers ayant obtenus une mention et une bourse ; lycée d’Excellence ; principe de l’égalité des chances ; principe de la gestion axée sur les résultats ; programmation-suivi-évaluation de l’action gouvernementale pour rendre compte à la population ; généralisation de la politique des contrats d’objectifs pour tous les directeurs de l’Administration de l’île ; renforcement des moyens de mobilisation des fonds pour des projets stratégiques comme l’hydroélectricité, le renforcement des capacités des ressources humaines dans les mairies ; la promotion de l’accès à l’information ; etc.

Vous êtes le chargé de Communication de la Direction de Campagne du candidat Anissi, quel discours pour convaincre les Anjouanais à réélire votre candidat?

 Nous allons avoir un discours de vérité sur la base des projets et résultats du premier mandat du Gouverneur Anissi.

Nous allons faire de notre mieux pour convaincre les anjouanais à voter massivement notre champion, pour que la dynamique positive qui a pris forme à l’issu de ce premier quinquennat puisse être consolidée et que l’élan de reforme et de développement de l’île soit durable.

En gros, contrairement aux autres candidats, nous avons un bilan riche à mettre en valeur auprès des électeurs. ...(la suite dans Karibu Hebdo)

 

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