Azali Assoumani: « nous avons la capacité de changer ce pays »

A l’occasion du lancement de la journée nationale de la vanille, le samedi 10 septembre, le président Azali Assoumani a dressé le bilan de ses trois premiers mois à la tête de l’Etat comorien pour la deuxième fois. « J’ai signé un contrat avec le peuple comorien et Allah en a été Le Témoin. J’ai la ferme intention de respecter mes engagements, pour le respect du peuple, pour l’Histoire et surtout par crainte d’Allah, Le Tout-Puissant », a rappelé le chef de l’Etat.

« Mes chers compatriotes,

Permettez-moi, en cet instant, d’avoir une pensée à l’endroit de ces comoriennes et comoriens qui se trouvent en ce moment sur les Lieux Saints pour accomplir le 5ème pilier de l’Islam. Je veux ici leur témoigner toute mon affection et leur exprimer mes vœux de l’Ide El Moubarak et mes vœux de bon retour au pays. Je souhaite que leurs prières soient exhaussées. Je saisis bien évidemment cette occasion pour souhaiter à tous les comoriens ainsi que la UMMA Islamique une bonne fête de la Ide El Kébir.

Je voudrais également saisir l’opportunité du Hadj et de l’Ide-El-Kébir, pour saluer le Serviteur des Lieux Saint de l’Islam, Sa Majesté le Roi Salman, féliciter le peuple et le Gouvernement de ce pays frère, ainsi que l’ensemble des autorités saoudiennes, pour leur générosité, leur hospitalité et leur dévouement envers les Pèlerins, ces Visiteurs, hôtes du Tout-Miséricordieux.

Je leur adresse nos meilleurs vœux, pour que règnent à jamais, la paix et la sécurité promises par le Saint Coran, sur cette terre bénie qui, à l’apogée de l’obscurantisme, de l’ignorance, de la barbarie et de la violence, offrit au monde le plus grand des Prophètes et la plus véridique des messages, n’en déplaise aux détracteurs, aux associateurs et aux mécréants.

Mesdames et messieurs,

Nous sommes rassemblés ici, pour célébrer, pour la première fois, la Journée Nationale de la Vanille, un événement que j’estime très important et très utile pour notre pays.

En effet, il s’agit, dans l’esprit, de valoriser le métier d’agriculteur, de de promouvoir notre monde rural, de relancer nos cultures de rente en général et, plus spécifiquement de sauver un produit phare de notre économie, la Vanille, notre première richesse, dont le nom est souvent associé à celui des Comores, les iles vanille, l’Archipel aux parfums.

C’est donc un produit qui a contribué et qui contribue encore, à conférer à notre pays, non seulement une identité mais aussi à conforter son unité.

Sa contribution à la structuration de notre économie, reste également un de ses points forts.

En effet, malgré la défection de ces dix dernières années, la vanille représente plus de 80% de nos exportations et occupe plus de 45% de la population active.

C’est pourquoi, à partir de l’an 2000, j’ai consciencieusement jeté les bases d’une consolidation de cette filière à travers la mise en place d’un cadre règlementaire et d’un cadre institutionnel adaptés qui ont permis d’accroitre sa compétitivité dans la région, mais aussi dans le monde.

Les effets n’ont pas tardé à se manifester, tant par rapport à l’amélioration de la productivité, que par rapport aux revenus des acteurs, toutes catégories confondues.

Ces acquis se sont malheureusement effrités ces dix dernières années, causant ainsi que des répercussions fâcheuses sur l’économie nationale en général et sur les conditions de vie de la population en particulier.

Certes, me dirait-on, la conjoncture y est pour quelque chose. Toutefois, sachez aussi, honorable assistance, que notre pays n’est pas le seul à la subir, mais le seul à n’avoir pas développé des mécanismes de résistance, susceptibles d’assurer la protection optimale de la filière.

Honorable assistance,

Mesdames et Messieurs,

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, j’ai cette fois-ci et encore une fois, décidé de relever le défi de la survie de la filière vanille.

Oui je le ferai avec la détermination requise car je continue à croire que les vertus de cette filière vanille sont immenses et que notre économie ne pourra jamais s’en sortir dans le détour et le défaitisme. Et bon nombre de pays se sont sauvés, grâce à une prise de conscience élevée, sur l’intérêt des ressources qu’ils renferment. Le cas de Maurice pour la canne à sucre et de la Côte-d’Ivoire pour le cacao en sont les illustrations les plus patentes.

La cérémonie d’aujourd’hui marque donc le début d’une nouvelle ère pour la filière vanille, celle de l’espoir et de la renaissance. Je n’oserais pas la qualifier de la dernière chance mais je crains qu’une éventuelle légèreté ne la transforme en fatalité.

Je viens tout à l’heure, de donner les signaux caractéristiques, en procédant à la signature de deux décrets, l’un pour la création de l’Office Nationale de la Vanille – ONAV- et l’autre pour l’institution du 10 septembre, Journée Nationale de la Vanille.

L’Office Nationale de la Vanille, agira de façon autonome mais pas indépendante, pour animer tous les processus visant à créer les conditions de promotion de la vanille, en particulier la protection de sa valeur patrimoniale.

Quant à la Journée nationale de la Vanille, il sera un moment de rassemblement autour de valeurs communes et incarnées par cette même vanille.

J’en appelle donc à tous les acteurs de la filière, tous les partenaires et toute la population dans toutes ses composantes, à plus d’engagement et de valorisation, en vue de faire de cette filière, une vraie fierté nationale.

En ce qui nous concerne, mon Gouvernement et moi-même, nous ne ménagerons aucun effort, en vue de mobiliser les ressources conséquentes, tant humaines que financières, pour sauver la filière.

Mes chers compatriotes,

Voilà 3 mois et demi que vous m’avez confié la lourde tâche, mais Ô combien prestigieuse, de la charge de notre destin. Je sais que les attentes sont nombreuses et légitimes, parce que les déceptions furent douloureuses et le désespoir pesant. Mais je vous exhorte à garder l’espoir et avoir la foi, parce que face aux défis titanesques qui nous attendent, notre détermination n’en est que plus forte.

J’ai signé un contrat avec le peuple comorien et Allah en a été Le Témoin. J’ai la ferme intention de respecter mes engagements, pour le respect du peuple, pour l’Histoire et surtout par crainte d’Allah, Le Tout-Puissant.

Mais permettez-moi de vous confier que la situation dans la laquelle nous nous trouvons s’avère être l’une des plus mystérieuses, à tous les niveaux.

Je l’ai dit et je le redis encore, cette situation mérite d’être clarifiée et ça sera pour bientôt. Des démarches sont en cours, pour solliciter l’expertise de structures de renommée internationale, pour faire un état exact des lieux, un audit, établir les responsabilités et en informer le peuple comorien.

Certes, le contexte budgétaire, marquée par un déficit financé jusque-là par des appuis extérieurs, la gabegie, le laxisme dans le recouvrement des recettes, la rupture de la discipline budgétaire soulignée par les institutions financières internationales, ajouté au contexte de la campagne électorale passée, n’ont rien arrangé.

Toutefois, c’est mentir au peuple comorien que de lui faire croire qu’un pays comme le notre avec toutes ses difficultés, peut être changé en 3 mois, au point que certains, dont je comprends l’impatience, me jugent avec sévérité et désespoir.

Et pourtant des mesures importantes et courageuses ont été initiées, notamment le paiement des salaires assuré régulièrement, sans appui budgétaire extérieur, sans concours extérieur. Contrairement aux années passées.

La baisse du prix du carburant, l’encadrement des prix des produits de première nécessité, durant le Ramadan, mesure poursuivie au-delà de la période, et que le Gouvernement compte maintenir, la baisse immédiate des droits d’inscription et le plan d’urgence à l’Université incluant la mise en place, très prochainement, d’un système de santé et de transport, et le package pour le Pèlerinage avec une baisse de plus 43% par rapport à l’année dernière, sont des mesures salutaires et bienvenues chez les ménages, dans un contexte économique marqué par le marasme, avec une contreperformance de la croissance évaluée à 1% voire moins par le FMI.

Honorable assistance

Mesdames et messieurs,

Nous avons fait de la question de l’énergie autour du problème des délestages et de la pénurie d’électricité tout court, érigées en système de gestion de l’opérateur public, la priorité des priorités de l’action gouvernementale.

En attendant les réponses structurelles aux défis de l’énergie, les mesures édictées et la surveillance resserrée ont permis de réduire les délestages et la pénurie dans certaines régions et localités. Sur fonds propres, nous sommes en train de résoudre un problème qui plombe les activités économiques depuis 10 ans.

En effet, le Gouvernement met tout en œuvre, élabore avec nos partenaires une vraie stratégie nationale de la politique énergétique avec le mix énergie dans notre pays, pour mettre fin aux délestages et résoudre définitivement le problème de l’électricité dans les semaines et mois à venir

Mesdames et messieurs

L’hôpital El Marouf, notre hôpital de référence est dans un état lamentable qui affecte la dignité des comoriens que nous sommes. Le Gouvernement a alors élaboré un plan d’urgence, pour le rétablissement de la discipline de travail, la fourniture régulière de l’eau et l’électricité, l’achat d’équipements et de matériels médicaux.

Le Gouvernement ouvrira dans les plus brefs délais, l’hôpital de Bambao Mtsanga à Anjouan financé par nos amis chinois, à qui je renouvèle ici toute notre gratitude ; Oui le Gouvernement ouvrira cet hôpital car je n’arrive pas à bien comprendre qu’un hôpital construit et équipé depuis autant d’années ne soit pas exploité.

Oui j’ai dit et je le redis encore, un jeune, un emploi. C’est mon engagement. Et je regrette que des hommes politiques calculateurs aient pu donner de faux espoirs à nos jeunes à des fins électoralistes. Des jeunes stagiaires durant 2 ans sans salaires, des jeunes salariés mais sans aucune fonction, des jeunes qui ne correspondent nullement au profil de l’emploi offert, ont été instrumentalisés pour des fins autres que la lutte contre le chômage. Je vous demande de pardonner ces politiciens qui ont oublié la mission sacrée de l’homme politique.

Ainsi, comme il l’a promis, le Gouvernement prend toutes les mesures et met tout en œuvre, pour créer les conditions de créations de nouveaux emplois viables et valorisants. C’est ainsi que les textes de mises en place denouvelles structures administrativessont en cours d’élaboration, notamment :

  • les services des inspections de l’Etat
  • l’agence nationale des médicaments et évacuations sanitaires
  • Office national de Communication et des publications
  • L’agence comorienne de coopération
  • Ou encore l’agence nationale de conception et exécution des projets.

Honorable assistance

Mes chers compatriotes,

Le dialogue promis avec les Gouverneurs des iles et la concertation ont été initiés.

C’est ainsi que des rencontres avec les premiers Magistrats des Iles, ont permis d’esquisser une feuille de route, envisager la révision de certains textes et concevoir une coordination des exécutifs, afin d’harmoniser leurs actions. Un cadre de dialogue est en place en vue d’optimiser la session parlementaire prochaine et parvenir à un budget 2017 concerté.

La rencontre que j’ai eue avec les institutions bancaires qui sera suivi sous peu par le dialogue avec les opérateurs économique, nous permettront d’aborder les problèmes des uns et des autres, pour que, dans la collaboration, le secteur privé comorien retrouve sa place, puisse jouer pleinement le rôle qui est le sien et apporter sa contribution et la part prépondérante qui est la sienne, dans la construction de l’économie du pays.

Mes chers compatriotes,

Notre destin est entre nos mains. Avec l’aide d’Allah, nous avons la capacité de changer ce pays, de le mettre véritablement sur la voie de l’émergence. Mais rien, absolument rien n’est possible si nous ne mettons pas de l’ordre dans nos écoles, dans nos hôpitaux, dans l’Administration, à la justice, dans nos quartiers, nos villes, nos villages et nos régions. Nous devons mettre de l’ordre dans la conscience collective.

L’autorité de l’Etat doit avoir du sens dans ce pays car ce n’est que par la discipline, le sens de la mission et du devoir que nous ferons décoller les Comores et ça j’y crois, profondément.

Mes chers compatriotes,

Honorable assistance

Comment finir mon propos devant une aussi prestigieuse assistance, sans prendre l’occasion pour aborder le problème de l’intégrité territoriale de notre pays, sans évoquer la question de l’île comorienne de Mayotte.

Ce sujet épineux nous oppose depuis 41 ans à une grande puissance, disposant d’un droit de véto au Conseil de Sécurité des Nations Unies, ancienne puissance tutrice et néanmoins amie et partenaire obligée, la France.

Ce contentieux désagréable entre amis et partenaires, nous oblige, la France et les Comores, à un dialogue franc, intelligent et respectueux des intérêts des uns et des autres et conforme aux grands principes républicains, de l’Etat de droit et du ciment de la Communauté des Nations, à savoir le Droit International.

Je souhaite une appropriation de la question de l’île comorienne de Mayotte par tous les comoriens jusqu’au retour dans son ensemble naturel dans un cadre réglementé et structuré.

C’est ainsi, que j’ai invité nos frères du Comité Maoré, pour engager des discussions inter-comoriennes, afin que soit mise en place une structure nationale chargée de la question de Mayotte, en tenant compte de la résolution N°11-001 de notre parlement.

Mes chers compatriotes,

Les défis sont gigantesques et nombreux, et j’en ai conscience. Mais je vous l’assure, jamais notre pays n’était aussi bien placé dans le temps pour amorcer une véritable dynamique économique, de profondes réformes et des changements notables que maintenant.

Aussi voudrais-je de la manière la plus solennelle, lancer un appel au peuple comorien et à son élite, pour qu’ensemble nous mettions les Comores sur la voie de l’émergence. Je demande spécifiquement à notre diaspora, et surtout à l’élite comorienne de l’étranger, de faire bénéficier notre pays de leur savoir-faire, leurs expériences et leurs richesses.

Faisons nôtre, le slogan du Président Barak Obama des États-Unis d’Amérique : « yes we can ». Parce qu’avec nos forces conjuguées, nous sommes capables de changer l’Union des Comores. Oui, nous le pouvons, Oui nous en sommes capables et nous changerons ce pays, Incha-Allah.

Vive la République

Vive l’Union des Comores,

Je vous remercie »

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