«Mettre la Chambre de commerce dans des bonnes conditions »

Soyad Mohamed, élu Président de la chambre de commerce d’Anjouan a accordé à notre correspondant d’Anjouan, une exclusivité pour tracer ces lignes directrices de la mandature.

Monsieur le président, pouvez-vous vous présenter brièvement pour l’intérêt de nos lecteurs ?

Je suis commerçant de formation et j’ai choisi de faire ma carrière dans le secteur privé.  J’ai commencé ma vie professionnelle en tant que responsable commercial chez COMCO (embouteilleur de COCA COLA). J’ai dirigé plusieurs entreprises dans des domaines très variés tel que l’hôtellerie, la restauration, le Bâtiment, Assurances, et actuellement dans le shipping avec l’agence EAP SHIPPING qui représente CMA CGM à Mutsamudu.

Vous venez d’être élu président de la CCIA Anjouan pour les 4 prochaines années. Comment expliquez-vous l’unanimité autours de votre candidature à ce poste?

Naturellement, je suis l’initiateur de notre liste et j’ai confirmé mon leadership le long de notre campagne qui a convaincu les opérateurs pour nous choisir. Il n’y avait pas de raison de changer la composition d’une équipe qui gagne. Notre collègue Kamal Saïd Ali, élu au collège artisanal qui n’était pas de notre liste m’a accordé sa confiance avant le vote du bureau parce qu’il m’a estimé capable de stimuler le développement de la Chambre.

Question : Qu’est-ce que cette unanimité vous impose durant ce mandat?

Une sainte trinité de satisfactions des Opérateurs que nous représentons, des partenaires qui œuvrent pour les mêmes causes que notre institution (L’Etat, les bailleurs de fonds, les ONG, les Chambres de Commerces nationales et Internationales, …) et des fonctionnaires de l’institution qui opèrent pour cet objectif.

Une fois que cet ensemble soit satisfait,  je maintiendrai ma côte de confiance auprès de l’Assemblée  qui m’a choisi.

Pouvez-vous décliner les priorités qui seront les vôtres  durant les 4 prochaines années?

Il y  a des objectifs préliminaires :

  • Mettre la Chambre dans des bonnes conditions morales, techniques et logistiques pour être à la hauteur de réaliser les objectifs professionnels de la mandature.
  • Renforcer les partenariats avec les organismes qui œuvrent pour les mêmes objectifs que la Chambre de Commerce.
  • Inciter des investissements et projets pour diversifier nos sources de financement et valoriser le patrimoine de l’institution. Notre Assemblé en commun accord avec le personnel de la Chambre, avons  décidé de transgresser la mauvaise règle qui consiste à exploiter uniquement les moyens publics mis à disposition dans les institutions. Nous allons nous investir pour produire également.

Quel sont les domaines de projets prévus..

  • Un observatoire de l’emploi : il consiste à recenser les disponibilités qualitatives et quantitatives des compétences et les demandes du marché de travail. Il servira aux fins de l’emploi, de la formation, de l’orientation professionnelle et du programme d’appui à la création d’entreprise.
  • Des formations : un programme de formations d’adéquation, formations- emplois, formations techniques et professionnelles pour les jeunes sans qualification, des formations de renforcements de capacité pour les besoins des entreprises. Un programme de renforcement de capacité pour recycler en permanence le personnel de la Chambre.
  • On va relancer la communication interne et externe pour redynamiser la valorisation de nos acquis et chercher à motoriser la promotion de l’institution ici et ailleurs. On va mettre dans les railles une politique communicationnelle PPP (partenariat public privé, publique-publique et/ou privé-privé).
  • Appui à la création des PME pour insérer les jeunes dans le monde des affaires. C’est un programme qui doit accompagner le créateur de l’idée de projet, à la création et jusqu’au seuil de deux ans après la création. C’est un très bon programme économique pour le pays. Il peut contribuer à l’ambition de son Excellence le Président AZALI : « un jeune = un emploi »
  • Un projet d’industrie avicole : un projet de Société Anonyme que nous recherchons des investisseurs étranger et nationaux. Nous espérons une participation de l’Etat dans ce projet, pour démontrer l’efficacité du PPP chanté dans tous les séminaires économiques aux Comores.

Vous allez travailler avec une équipe de collaborateurs, quels seront vos critères de recrutement?

Pour l’instant nous  avons l’effectif nécessaire et nous n’avons pas encore  prévu de recrutement, pour pouvoir définir les critères de recrutement. Il nous manque certaines compétences mais nous allons recycler le personnel disponible et soutenir nos RH par des consultants de façon ponctuelle et dans les domaines nécessaires. Cela se conjugue par  manque de moyens. Avec l’évolution des activités le premier critère de recrutement sera la création d’un poste à partir des besoins réels d’accomplir des tâches nécessaires, mais non pas la création d’un poste pour récompenser le sien.

Au niveau de l’Union, c’est Ahmed Bazi qui vient d’être élu. Quelles sont vos relations avec lui?

Monsieur BAZI est un ami de longue date et nous les sommes toujours. En 2008 il était Président de l’UCCIA et  moi le Secrétaire Consulaire de la même institution. Ce n’était pas un bon ménage, j’ai démissionné au bout de deux ans.

Considérant que Monsieur BAZI est un homme d’expérience et un bon administrateur, les Présidents des trois Chambres Insulaires dont moi-même, Monsieur Mohamed Soibrou Eddine (CCIA Ngazidja) et  M Idrisse (CCIA Mohéli), ainsi que tous nos collègues élus avons œuvré  pour lui accorder non seulement l’unanimité des voix des élus des l’UCCIA mais la confiance de tous les élus des chambres de commerce comoriens.

Nous lui avons tout accordé, a lui de définir la nature de nos relations en conséquence. Avec tous les élus non pas avec moi qui suis déjà son ami. Ce que je peux venter c’est le pacte moral entre tous les élus des chambres comoriennes qui se sont promis d’entretenir des relations fraternelles dépassant les normes institutionnels et ainsi développer un model sociopolitique des Comores Unies.

On sait très bien que l’autonomie financière des chambres insulaire a été remise en cause par le régime précédent. Est-ce que vous comptez proposer une réforme pour son rétablissement?

Statutairement les chambres de commerces sont des institutions autonomes. Les subventions de l’Etat sont prévues dans la Loi statutaire  95-011-AF et reprises dans les lois de Finance de chaque année. Plusieurs  fois les recettes de la CCIA Anjouan ont disparus dans le circuit financier conçu complexe.  Le Gouvernement a mandaté d’autres services de l’Etat pour assurer nos recouvrements et sans aucun contrôle de notre part.  A Anjouan avec une bonne collaboration les services de Douane nous informent les montants collectés ; ce qui ne justifie pas que le recouvrement est systématique et nous apercevons la différence puisque nous avons une présence au port. En grande Comores  l’unique source d’appréciation de leurs recettes est le montant versé dans le compte bancaire.

Les 10% de la patente de la Chambre de Commerce ; nous avons eu les preuves que le précédent Gouvernorat avec son Trésorier payeur versaient à la Chambre de Commerce des montants à leurs convenance et non les montants collectés.

Sachant que ces défaillances procédurales font profiter à certaines personnes tout en décrédibilisant l’image gouvernementale,  nous demandons à notre Gouvernement Central de réviser ces procédures en  impliquant les concernées, et instaurer la transparence et la sécurité.

Un projet d’équipement de la CCIA en énergie solaire est déjà en cours. Comment comptez-vous procéder pour le réussir convenablement?

je rappelle le projet le plus ambitieux de notre mandature qui est la création d’une firme industrielle de production de volaille. Ce projet a tellement d’avantage : sécurité alimentaire et sanitaire, limitation de l’expatriation de devise, création d’emplois… Nous lançons un fervent appel à l’Etat, aux Hommes et femmes d’affaire, aux techniciens des domaines, les sociétés spécialisées dans ce domaine, tous nationaux ou étrangers, de se joindre à nous pour réussir ce projet…

Je tiens à rappeler aussi que les deux derniers mandats des Chambres des Commerces comoriennes ont été secouées par des crises sociales aggravés par l’ingérence partiale des gouvernements et qui n’a pas arrangé les choses mais au contraire. Nous espérons que cette fois le Président de la République et son Gouvernement, et les Gouvernorats interviendront à nos côtés pour des bonnes initiatives mais non pour participer à des conflits sociaux d’intérêts.  D’ailleurs à ce sujet je salue personnellement  le bon geste de notre Vice Président Djaffar qui a refusé de signer un arrêté contraire aux dispositions de notre loi statutaire, lors des élections des Chambres de Commerces.

Souhaitez-vous dire un dernier mot pour clore cette interview!

En fin je réitère nos remerciements aux opérateurs qui nous ont accordés leur confiance  et nous promettons à tous le changement et la visibilité de l’utilité des Chambres de Commerce.

 Propos recueillis par Hamza Ben Hachim

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *